Le programme de déconstruction des réacteurs UNGG d’EDF

La déconstruction des 6 réacteurs EDF de première génération, à uranium naturel graphite gaz, se déroule aujourd’hui pour les bâtiments entourant le réacteur. EDF engage également les travaux préparatoires au démantèlement du premier réacteur graphite, Chinon A2. Le démantèlement de ce réacteur sera une première mondiale à cette échelle.
Deux réacteurs Graphite en démantèlement du site Saint-Laurent en France

La technologie des réacteurs UNGG présente un ratio de 10 à 30 fois plus de matériaux à évacuer et à conditionner lors du démantèlement que pour celui d’un réacteur à eau pressurisée.

Parmi la flotte mondiale des 80 réacteurs de technologie graphite-gaz, une trentaine de réacteurs sont encore en exploitation au Royaume Uni (réacteurs AGR) et en Russie (réacteurs RBMK)  et la plupart ont été arrêtés dans les années 80 et 90. Parmi la cinquantaine de réacteurs arrêtés, seulement deux réacteurs de petites dimensions (environ 1/10ème des réacteurs UNGG) ont été complètement démantelés : Fort Saint Vrain (USA) et Windscale (Grande-Bretagne).

La stratégie internationale majoritairement retenue pour les opérations de démantèlement des caissons réacteurs consiste à reporter la déconstruction dans l’attente de la décroissance radiologique, sur une longue durée (80 ans) afin de faciliter les opérations de démantèlement (Grande-Bretagne) ou dans l’attente de la disponibilité d’une filière pour les déchets graphite (Japon, Italie,Espagne).

En démarrant le premier démantèlement à l'horizon 2030, EDF sera donc le premier opérateur à démanteler ses réacteurs UNGG à l’échelle industrielle.

Pour l’ensemble des réacteurs UNGG d’EDF, un scénario générique de démantèlement sous air est retenu. Il s’appuie sur l’utilisation de procédés télé-opérés déployés depuis une plateforme de démantèlement disposée sur la partie supérieure du réacteur. 

 

Le planning général de déconstruction des réacteurs UNGG proposé par EDF s’appuie sur une démarche de maîtrise progressive des risques au travers des séquences suivantes :

  • Une phase de développement technologique conduite par Graphitech dans un centre d’essai dédié, le Démonstrateur Industriel Graphite,
  • Le démantèlement du réacteur de Chinon A2 à partir de 2030,
  • Le démantèlement des 5 autres réacteurs UNGG au-delà de 2050

Ce séquencement permet de limiter les risques d’un aléa générique sur les 6 réacteurs et d’optimiser la durée des opérations sur les 5 autres caissons à partir du retour d’expérience de CHA2. Le volume total de déchets générés par les activités de démantèlement à venir sur la filière UNGG représente environ 160 000 tonnes. L’ensemble des déchets produits par la déconstruction de ces installations dispose de solutions opérationnelles de traitement, de stockage ou d’entreposage. 

Filiale d’EDF et de Veolia, Graphitech associe la maîtrise de l’industrie nucléaire et les compétences d’ingénierie de démantèlement d’EDF avec les compétences de robotique en environnement nucléaire de Veolia.
La téléopération et la robotique permettent d’assurer un accès à des environnements hautement radioactifs, difficilement accessibles par l’homme, en toute sécurité pour l’opérateur tout comme l’environnement.
Que ce soit en matière de responsabilité sociétale, d’enjeux environnementaux ou humains, maîtriser la fin de vie des centrales nucléaires et du démantèlement des réacteurs graphite est un challenge de taille pour les générations à venir.